...des étudiants que je suis actuellement au centre d'aide en français.
- Français : 3
- Espagnol : 3
- Vietnamien : 2
- Portugais : 2
- Anglais : 2
- Arabe : 2
- Dari (Afghanistan) : 1
- Tamoul (Sri Lanka) : 1
- Polonais : 1
- Persan (Iran) : 1
- Créole haïtien : 1
- Coréen : 1
La femme d'origine iranienne a dû fuir le pays en raison du climat politique. Je la vois deux fois par semaine après qu'elle en a fait la demande. La coréenne d'origine bénéficie elle aussi de deux rencontres par semaine (avec moi et une autre assistante), à sa demande. Sur les vingt, quatre sont des femmes qui ont des enfants.
D'après mon expérience, l'attitude des allophones face à leurs faiblesses en français se compare avantageusement à celle des francophones.
*
J'ai jeté un coup d'oeil l'autre jour à la programmation de la Salle Sylvain-Lelièvre, la salle de spectacles du Collège. Sur 21 événements prévus pour les mois d'octobre, novembre et décembre, 9 sont des cérémonies de remise de certificats de citoyenneté canadienne. À ce rythme-là, question d'efficacité, j'imagine qu'on fait chaque fois salle comble.
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Je n'ai pas de données démographiques en main, mais si je me fie à ce que je vois dans les corridors, les étudiants «québécois» ne constituent qu'un groupe ethnique parmi d'autres au Collège de Maisonneuve - sans doute plus nombreux que les autres, mais pas beaucoup plus que les Noirs (d'Haïti et de pays d'Afrique), les Asiatiques, les Sud-américains et les originaires du Moyen-Orient et du Maghreb.
Jean-Nicolas et moi discutions de ça, entre autres choses, un midi de la semaine dernière. Il venait de se faire offrir un poste en francisation quelque part. Pour ceux que ça intéresse et qui ont du mal à se trouver du travail au cégep (une enseignante me disait que, d'ici deux ans, on va probablement entrer dans une période similaire à celle de toutes les années 80 où très peu de nouveaux profs - de français, en tout cas - seront engagés), il y a de la job en masse en francisation. En regardant autour de nous, et en considérant l'état de la natalité et de l'immigration, nous ne pouvions qu'être d'accord: la société québécoise de demain (d'aujourd'hui, même), elle se bâtit sur l'intégration ou elle ne se bâtit pas. Un défi important pour le corps enseignant est de favoriser cette intégration sans pour autant abaisser la barre en matière de connaissance de la littérature québécoise et de la langue d'enseignement.
JN songe sérieusement, comme moi d'ailleurs, à prendre un poste «en région». Là, pour un prof, la responsabilité connexe à celle d'enseigner est pour ainsi dire inverse: alors qu'à Montréal, face à des groupes cosmopolites où les jeunes d'origines très diverses se mêlent de façon plutôt harmonieuse, l'enseignant doit veiller à ce qu'un certain relativisme ne nuise pas à la transmission des connaissances culturelles, en région, devant l'uniformité des groupes, il faut éviter de se conformer à l'idéologie (celle, par exemple, plus ou moins discrète, des anthologies de la littérature québécoise) et lutter contre les préjugés parfois ahurissants entretenus à l'égard de la métropole...
mardi 10 novembre 2009
Langue maternelle
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5 commentaires:
...vraiment, y aura plus de job dans deux ans?
Merde. Et moi qui voulait profiter tranquillement de mon année de rédaction.
Salut à toi cher Danger,
je travaille en francisation, c'est parfois politiquement difficile. Ma vision et ma pratique de l'enseignement sont plus liés à un travail d'artisan. J'essaie humblement de faire des citoyens (compétents en français tout de même!). Or, au Québec on veut des payeurs de taxes et d'impôts, on n'en rien à foutre des citoyens. Qu'ils paient et qu'ils se taisent!
J'essaie de transmettre mon amour de cette langue et de la culture qui l'accompagne, leur montrer qu'une langue n'est pas qu'un outil pour une job, mais aussi une porte sur une culture et une autre vision du monde. Tout en espérant qu'ils l'utiliseront pour gueuler lorsque nécessaire...
L'idée d'aller en région est très bonne aussi, pour ma part c'est impossible pour l'instant vue ma garde partagée du lutin, ça limite un peu mes mouvements. Mais, je pense qu'il y a de la bonne besogne à y abattre. Je suis convaincu que tu feras du bon travail. À suivre!
À bientôt!
amitié flashgordonienne
p.s. Je fais de la correction pour un ancien étudiant qui poursuit ses études de sociologie au doctorat, c'est un hispanophone et ses travaux sont très bien écrits, mieux que certains travaux d'étudiants francophones que j'ai corrigé dans le passé...
@ Maude:
Je répète ce que j'ai entendu...
@ Flash:
Merci de partager! Keep up the good work...
Ça doit dépendre des Cégeps. J'enseigne le français à Montmorency et, quand je regarde mes collègues, je me dis qu'il y a encore de la place. Je veux dire, y'en a encore (sympathiques par ailleurs) qui ont le mot "retraite" écrit dans le visage. Les survivants ont toujours raison... :)
En plus, les Cégeps sont tous bondés, quand ils ne sont pas carrément contingentés.
Ouais, d'ailleurs ils en ont un problème de manque de locaux (certains, en tout cas), qui doit donc par contre empêcher de grossir le nombre des profs...
@ Maude: te voilà rassurée!
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