Fuck les gants blancs.
Toute ma vie. À l'école, longtemps avant d'avoir possédé la terminologie pour me le formuler à moi-même, je me rendais compte que j'étais à la fois beaucoup plus intelligent que presque tous les autres (mais c'est peut-être ma mère qui m'a mis cette idée en tête - les mères, c'est pas un cadeau) et que j'étais plus gentil que ceux qui, comme moi, n'avaient pas les idées au plancher. Donc on m'excluait. Je n'avais jamais le bon comportement, trop bizarre, et je me suis très vite mis à m'efforcer bien davantage d'être accepté, admis par les autres, que de réaliser mon potentiel moral et intellectuel. Évidemment, je les méprisais tous, sans exception, et moi-même encore plus. Je me suis rabaissé, discrédité, laissé prendre pour un imbécile, un dingue, un pété, un étrange débile artiste sur les bords, et j'ai gaspillé mon énergie et mon temps, et beaucoup de mes cellules nerveuses. Le monde est content, je ne suis plus le plus brillant. Voilà pourquoi j'ai tant de difficulté à garder mon calme, maintenant clean et atrocement lucide, malgré toutes les fois où je me dis de ne plus recommencer. C'est pas parce que ça m'amuse vraiment, c'est parce que j'ai un goût de sang dans la bouche (et si je me contiens, d'une manière ou d'une autre, il y a toujours le danger que je retourne mon agressivité contre moi). Quand je sens qu'on joue au fin et qu'il y a des chances qu'on se foute de ma gueule, je serre les poings, je planifie un assaut féroce. Pas mal chien, vu que je joue au fin et me fous de pas mal de gueules. À dire au psy, ça aussi.
dimanche 28 juin 2009
Comment on arrange ça, un complexe de même?
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9 commentaires:
À 18 ans, j'vis encore dans ce feeling là. Trop weird pour les plottes à disco Techniquement inapte.
J'ai lu ton bouquin, ça torche. Bravo et pis reste dans les mots.
J'ai vu une belle fille et j'ai pensé au destin de l'humanité, aussi.
B-C
Ça ressemble au complexe de l'Albatros. 100$ pour le diagnostic.
Le psy te fera faire des devoirs, en autant qu'il soit d'orientation cognitive.
Et comme tu ne sembles pas méchant pour 5 cennes comme a écrit Mistral, ça devrait bien aller et rapidement.
Hum... Merci Rainette, mais c'est pas juste une question d'Azur!
;)
B-C :
J'espère que t'avais le goût de m'émouvoir, parce que sinon, c'est raté!
;)
Merci de prendre la peine.
Y en a beaucoup qui vivent avec ce genre de feeling-là. Beaucoup trop. Ça date pas d'hier, mais me semble que dans le contexte présent, où une certaine image "winner" est tellement tout ce qui semble valorisé, à grands coups de pubs pleines de jeunes beaux et bien dans leur peau, et de magazines de vedettes
(je remarque: la 'vedette' est une espèce étrange, dont les représentants les plus reconnus n'ont que deux modes de vie possibles: la déchéance totale - morale et physique - ou la réussite entière),
et si tu te poses des questions crisse que t'es plate, pis si tu files pas ben prends donc soin de toi pis à demain...
Pour les mots, pas d'inquiétude: je travaille à un autre recueil de textes (22 en tout, plus courts, en quatre parties, titre: 'Colis suspect' - funky et piquant) et aussi à un petit roman ("récit en fragments") qui, lui, risque de torcher vraiment fort. J'en ai mis des extraits dans ces pages mêmes (titre: 'Les Détesteurs'). J'ai toujours voulu écrire en partie pour traiter des problèmes d'"inadaptaptation" sociale, en particulier de jeunes hommes, et les Détesteurs, c'est ça, de mon point de vue personnel certes, mais ça ratisse assez large dans la problématisation d'attitudes enfantines, adolescentes et de jeunes adultes. Je me force pour que ça dépasse, le plus possible, la simple auto-thérapie. J'écris parce que j'en ai absolument besoin, mais il n'y a pas que ça.
Si tu me lis, c'est pour toi que j'écris!
SR
B-C :
Je jette un coup d'œil de ton bord...
Moi, écrire m'a beaucoup aidé. Même quand j'écrivais régulièrement dans le journal étudiant de mon cégep (où je m'arrangeais pour choquer pas mal souvent...), j'ai eu des passes où j'écrivais aussi dans des cahiers un genre de journal intime où je me permettais de jouer avec ma "voix" et avec la vérité de ce que je racontais... avec la façon de voir... je sais pas trop comment dire. En tout cas, ça m'a formé énormément. Avec juste un peu de recul, je pouvais voir différentes tangentes que pouvait prendre ma plume, et je pouvais choisir: ça, non; ça, hmm oui, ça a de la gueule, mais est-ce que je veux en faire ma "voix" narrative personnelle (par ex: en 2004, E.Danger était mon narrateur privilégié, et pendant que j'écrivais 'PE' j'ai décidé de le déplacer, d'en faire un genre de double sombre, appelé à disparaître de ma "création"), etc.
Conseil (si ça colle à ton tempérament): aie du front - tout le tour de la tête, même, des fois, peut-être! Ne te gêne pas pour te proclamer (et surtout te considérer toi-même) écrivain, auteur en devenir, en voie de torcher toi aussi! C'est pas de la pensée magique, c'est de la valorisation de ce que tu fais et de la visualisation positive, et tant pis pour les incrédules! J'ai participé à une dizaine de concours de nouvelles, j'ai jamais rien gagné, Biscuit chinois a refusé ma dernière (qui torche solide), mais WTF je sais ce que c'est, mon affaire, et que je l'ai, assez, merci. Éventuellement, ton travail trouvera un lecteur dont tu tiens l'opinion en estime et qui te dira: tu l'as l'affaire, n'écoute pas les autres et continue.
C'est paradoxal parce que, être écrivain, ça suppose, d'une part, un acte de foi envers soi-même, il faut SE reconnaître écrivain et faire fi de tout ce qui contredit ce projet d'être, et d'autre part, il faut beaucoup de modestie, de remises en question, il faut se résigner à se casser les dents assez souvent, à se mettre les pieds dans les plats et surtout, à ne pas plaire à tout le monde.
L'erreur, la terrible erreur consiste à croire qu'on est écrivain lorsqu'on est publié, lorsqu'on a gagné un concours, un prix quelconque, c'est-à-dire lorsque la reconnaisance vient de l'extérieur. C'est prendre le problème par le mauvais bout, et c'est ce qui explique aussi que plusieurs "auteurs" abandonnent après un livre, parce que si on joue ce jeu-là, le jeu n'en vaut tout simplement pas la chandelle.
Tout-à-fait d'accord Tattoo.
Il y a aussi le piège de la reconnaissance rapide, qui fait croire à l'écrivain pubescent qu'il est au bout de ses peines stylistiques et qui peut facilement l'entraîner à stagner de façon morbide. Le piège de la reconnaissance pousse même des auteurs matures et importants à se relâcher tellement qu'on publie de leurs textes qui ne passeraient jamais un comité de lecture d'éditeur sans leur nom... (Quelqu'un a dit Michel Tremblay?
:P )
Merci pour tous.Ton blog est très intéressant..
Merci Françoise!
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